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La Légende du Bassin des Aghladites

Publié le 23-05-2009
La Légende du Bassin des Aghladites
La légende raconte que la stèle que se trouve au milieu du bassin des Aghlabites cache un trésor fabuleux. Pensez donc !

Huit décalitres d’écus d’or, de beaux écus bien sonnants, dorés et ronds comme de petits soleils ! Que de convoitises allume ce trésor !

En effet, les hommes son naïfs et croient que la fortune apporte le bonheur.

Mais on n’a rien sans peine et ce trésor des Aghlabites ne sera révélé et donné qu’à celui qui saura le gagner en remplissant toutes les conditions exigées. Et, ces conditions, vous savez, nul n’a pu encore les remplir !

Ecoute ! femme, car c’est à toi que reviendra l’honneur de gagner le trésor, si tu en as le courage.

A l’heure où le soleil se lève, tu choisiras un mouton parmi les plus belles têtes du troupeau ; tu l’amèneras sur les bords du bassin et tu l’égorgeras, là, sur le marbre blanc que son sang teindra de rouge. Puis, de tes mains agiles, tu le dépouilleras de son épaisse toison.

La viande, soigneusement découpée, servira alors à accommoder un énorme plat de couscous que tu auras préparé avec soin et diligence. En effet, le soleil continue sa course sur l’horizon et la tâche n’est pas finie ; il te reste encore, femme courageuse, à utiliser la laine et la toison.

Promptement lavée dans l’eau claire de l’oued, elle sera vite séchée au soleil, si blanche et si moelleuse. Alors, vite ! tu la carderas, puis la fileras, si fine, si soyeuse et si régulière que l’araignée au milieu de sa toile t’enviera ton adresse.

Ensuite, que feras-tu de cette laine si belle ? Regarde comme tu as été rapide ! Le soleil n’a pas terminé sa course et si ton courage ne faiblit pas, tu as le temps de tisser en harmonieux dessins un souple et moelleux tapes.

Ton ouvrage devra être fini avant que le soleil se couche. Alors, seulement, si tu t’es montrée diligente et courageuse, tu seras récompensée.

Prends ton plat de couscous au fumet prometteur et pose-le sur la stèle du bassin. Ne t’effraye pas si tu vois apparaître devant toi un noir magnifique, qui, en souriant, acceptera ton offrande. Il disparaîtra ensuite, emportant le plat de couscous.

Si celui-ci lui plaît, il reviendra bientôt, les bras chargés du poids tintant des lourds écus d’or !

Oh ! femme, n’as-tu pas envie d’essayer ! Pour moi, c’est déjà fait ! (si vous voulez , vous pouvez ne pas me croire !)

Cet article est proposé par : Sonia CHENITI