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La femme de ménage

Publié le 14-11-2010
La femme de ménage
Surprotégée, chouchoutée par mon épouse, la femme qui vient aider au ménage chez nous a le don de m'agacer et de me mettre hors de moi...

Surprotégée, chouchoutée par mon épouse, la femme qui vient aider au ménage chez nous a le don de m’agacer et de me mettre hors de moi à chacune de ses deux visites hebdomadaires. Elle est partie au bled pour l'Aïd, pourvu qu'elle y reste. j'en profite pour vous parler d'elle.
 

Je n’aime pas les femmes de ménages. La notre, en particulier. Elle se fait payer pour semer la pagaille chez nous deux fois par semaine. Le pire c’est que ma femme semble la porter dans son cœur au point qu’à des moments de tensions il me semble clairement qu’elle se passerait plus volontiers de moi que d’elle.

La femme de ménage le sait et ne se prive point de me narguer en me dévisageant de l’air hautain de celui qui se sait indispensable et qui en joue pour jouir de son pouvoir, si je venais à lui faire la moindre remarque, le moindre reproche. « Cette porcelaine est vieille d’au moins cinq générations, je la tiens de ma grand-mère qui l’a héritée elle-même de la sienne… », « Je me disais bien que cette vieillerie ne valait pas grand-chose c’est à peine si je l’ai effleurée qu’elle s’est brisée en mille morceaux… », « Mais c’est un souvenir de famille vous ne comprenez pas ? » « Vous pensez que je l’ai fait exprès ? C’est un accident voilà tout. Dieu préserve la santé que rien ne remplace tout le reste… je peux vous en acheter une semblable mais plus utile, plus moderne avec plein de couleurs étincelantes, pas terne, raturée comme cette chose qui tenait à peine debout, qui n’était, d’ailleurs, assorties à aucun de vos meubles, il y a un nouvel arrivage, chez ZAZA, de Chine ou du Brésil ou je ne sais quel autre pays d’Europe… ».
Je marchai sur elle pour la tuer, ma femme me barra la route : « Chéri !… et toi arrête de parler et va voir ce qu’il y a à faire dans la cuisine » « Non, c’est lui… ».

Invariablement, elle n’arrête pas de râler, je me réfugie au balcon fumer cigarette sur cigarette. Je n’en demande pourtant pas tant. Qu’elle pose moins de questions indiscrètes sur ma vie privée. Baisse un peu le son de la radio qu’immanquablement elle met sur sa station préférée dont la vulgarité m’est insupportable. Remet à sa place chaque objet déplacé. Ne touche pas à mes livres. Ne range pas mes papiers là où je n’aurai jamais l’idée de les chercher.

 

Cet article est proposé par : Hassib KNANI